devoirs en ligne

Les devoirs en ligne, une nouveauté dans un collège français

Au collège Georges Rouault, situé dans le XIXe arrondissement de Paris, cela fait maintenant quatre ans que le système ADELL (pour Aide aux devoirs et leçons en ligne) est opérationnel. Le principe: chaque jour de l'année scolaire, à 18h30, les élèves peuvent se connecter chez eux sur un logiciel dédié leur permettant d'entrer en contact virtuel avec l'un de leurs enseignants. De l'autre côté de l'ordinateur, quatre professeurs (histoire-géo, SVT, maths et anglais) passent une heure à répondre à leurs questions par chat ainsi qu'à corriger leurs travaux grâce à l'envoi de documents.

"Ce projet repose principalement sur la motivation des enseignants, explique Mr. Wajnberg. le principal de l'établissement. Tenter de leur imposer quoi que ce soit serait contreproductif : nous travaillons sur la base du volontariat." Mais pas du bénévolat : les profs en question sont rémunérés, dans le cadre du système des heures supplémentaires effectives (HSE).

En grandissant, le besoin d'aide aux devoirs se fait moins sentir

Le logiciel utilisé, créé par une société privée, a lui été financé par l'État. En 2012, six créneaux d'une heure de connexion étaient proposés par semaine, et le succès a été au rendez-vous. Du moins dans les petites classes : sur les 470 élèves de l'établissement, environ 80 % des 6e utilisaient régulièrement le dispositif, un pourcentage qui descend à 60 % en 5e pour à peine 3 % en 3e. "C'est la principale limite de l'Adell, explique Mr. Wajnberg. On constate une réelle désaffection des élèves avec l'âge, peut-être parce qu'ils commencent à prendre leur indépendance vis-à-vis des adultes"

Tout au long de l'année, ce sont toutefois plus de 140 élèves qui ont eu recours au système, principalement pour revoir certains points mal saisis en classe, ou pour être aiguillés dans la résolution d'un exercice. Avec un pic en fin d'année, brevet des collèges oblige... Quid des élèves qui ne possèderaient ni ordinateur, ni connexion internet chez eux ? "Toutes les familles de notre établissement sont équipées, ça permet de ne laisser personne de côté." En octobre prochain, le gouvernement va déployer D'COL, un système similaire, auprès de 30 000 élèves de 6e de l'éducation prioritaire. Mais, "tant que les professeurs sur qui repose Adell chez nous s'en occupent, nous resterons sur ce système : pas de "décollage" à Rouault pour le moment !"

La généralisation du tableau interactif

Pour le reste, l'établissement ne dispose pas des fameuses tablettes numériques très en vogue en ce moment : "Nous avons déjà équipé nos salles de classe de tableaux blancs interactifs, ce qui a demandé un effort financier certain". Effectivement, encore débranché en attendant la rentrée, le modèle dernier cri trône dans la salle de classe visitée. Accroché en haut d'un tableau façon grande toile blanche, un rétroprojecteur piloté par ordinateur envoie une image interactive sur la surface vierge. Image que le professeur peut ensuite manipuler à l'aide d'un stylet. Réduit à sa portion congrue, le tableau à feutre classique est relégué sur le côté, tandis qu'un antique tableau noir prend la poussière dans un coin.

"Comme vous pouvez le constater, l'Éducation Nationale est en perpétuelle évolution, ce qui a tendance à provoquer une stratification des équipements", constate amusé M. Wajnberg. Équipements dont la manipulation et la maintenance peuvent s'avérer problématiques : "Les enseignants ne sont pas systématiquement formés à en tirer tout le potentiel pédagogique. Et l'entretien du matériel nécessite des qualifications particulières" Ce qui provoque parfois quelques couacs : "Il ne faut surtout pas utiliser de feutres sur ce type de surface, c'est indélébile, mais ça arrive régulièrement", sourit le principal. C'est ainsi : grimper l'escalier de la modernité ne se fait pas sans rater quelques marches.

(Sources : Metronews)

(05.09.2013)
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